Mal de dos d'ancien rugbyman : ce n'est pas l'âge
- Jérôme Balaguer

- il y a 1 jour
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Il y a un moment que tous les anciens rugbymen finissent par connaître. Le matin, tu poses un pied par terre, et il te faut trois bonnes minutes pour te déplier. Tu mets ça sur le compte du matelas, de la nuit, du temps qu'il fait. Puis ça devient une habitude. Puis c'est tous les matins.
Et un jour, quelqu'un te sort la phrase : « C'est normal, tu as joué au rugby. »
C'est faux. Ou plutôt : c'est à moitié vrai, et c'est cette moitié-là qui t'empêche d'agir.
Le rugby n'est pas ton problème. L'arrêt, si !
Pendant quinze ans, ton dos n'a jamais travaillé seul. Il était tenu. Par des abdos profonds sollicités à chaque plaquage, par des fessiers qui encaissaient les appuis, par des cuisses qui absorbaient les chocs. Tu ne t'en rendais pas compte, mais tu portais une ceinture musculaire en permanence.
Le jour où tu as arrêté, cette ceinture ne s'est pas détachée d'un coup. Elle s'est desserrée, mois après mois, sans que tu voies rien — parce que ce qui a fondu en premier, ce sont les muscles profonds, ceux qui ne se voient pas dans le miroir.
Ton dos, lui, n'a rien changé. Il a continué à faire son travail. Sauf qu'il le fait maintenant tout seul.
Ce qui s'est passé sans que tu t'en aperçoive !
Trois choses se sont installées, en silence.
Ta masse musculaire profonde a diminué. Pas celle des bras ou des pectoraux — celle du gainage, des lombaires, des hanches. C'est elle qui répartit les contraintes.
Le poids est arrivé au pire endroit. Chaque kilo pris sur le ventre tire le bassin vers l'avant et creuse tes lombaires un peu plus. Dix kilos de ventre, ce n'est pas dix kilos sur une balance : c'est un levier permanent sur le bas de ton dos.
Tu as arrêté de bouger dans toutes les directions. Le rugby te faisait tourner, pousser, tomber, te relever. Aujourd'hui tu es assis, debout, en voiture. Ton corps a perdu l'habitude de tout le reste.
Aucune de ces trois choses ne vient de tes anciens matchs. Elles viennent des années qui ont suivi.
Les trois erreurs que font les anciens sportifs
C'est là que ça devient intéressant, parce que ton passé de joueur, qui est un atout, devient un piège.
1. Reprendre là où tu t'es arrêté. Tu as la mémoire de ce que ton corps savait faire. Tu retournes à la salle, tu charges comme avant, ou tu repars courir dix kilomètres. Trois semaines plus tard, tu es bloqué. Et tu en conclus que ton dos ne suit plus. Alors que c'est l'inverse : tu lui as demandé d'encaisser un niveau que ta musculature actuelle ne peut plus soutenir.
2. Attendre que ça passe. Le repos soulage sur le moment. Mais un dos qui ne travaille pas se raidit et s'affaiblit encore. Chaque semaine d'inactivité rend la reprise plus dure. C'est un cercle, et il ne tourne que dans un sens.
3. Traiter le dos comme un problème de dos. Tu masses, tu étires, tu mets du chaud. Ça détend une heure. Mais la douleur est souvent le symptôme, pas la cause. La cause est plus bas — dans des fessiers endormis, des hanches raides, un gainage absent. Tant que tu travailles sur la zone qui fait mal, tu tournes en rond.
Par quoi commencer ?
La bonne nouvelle, c'est que ton corps a de la mémoire. Un ancien sportif reconstruit plus vite que quelqu'un qui n'a jamais rien fait. Les schémas moteurs sont là, il faut juste rallumer la machine — dans l'ordre.
Reconstruire avant de performer. Six à huit semaines de renforcement profond avant de penser à charger quoi que ce soit.
De la régularité, pas de l'intensité. Trois séances de 45 minutes par semaine, tenues pendant trois mois, valent infiniment mieux que deux grosses séances suivies d'un mois d'arrêt.
S'occuper du poids en même temps. Pas par un régime — en remettant de la masse musculaire, qui change ton métabolisme et allège la contrainte sur ton dos.
Ce n'est ni spectaculaire ni rapide. Mais c'est ce qui fonctionne, et c'est ce que je vois marcher chez des dizaines d'anciens joueurs.
Quand ce n'est pas ça !
Une précision importante. Tout ce qui précède concerne une douleur mécanique : celle qui se réveille le matin, qui s'améliore quand tu bouges, qui revient après une longue station assise.
Si ta douleur descend dans la jambe, si tu ressens des fourmillements, une perte de force, si elle te réveille la nuit ou si elle est arrivée brutalement après un choc — ce n'est plus le sujet de cet article. Consulte un médecin avant toute reprise. Le renforcement, c'est après le diagnostic, jamais à la place.
Ce que tu peux faire maintenant !
Si tu te reconnais dans ce texte — le réveil difficile, les kilos installés, l'impression que ton corps t'a lâché alors qu'il t'a porté pendant quinze ans — sache que ce n'est ni définitif ni une question d'âge.
J'ai vécu exactement ça. Le décrochage, la prise de poids, le dos, le moral qui suit. C'est de là qu'est née la Méthode BLG.
Dans la masterclass BLG Rugby, je détaille les trois contre-vérités qui bloquent la plupart des anciens joueurs, et pourquoi ce que tu fais aujourd'hui pour aller mieux te freine peut-être. C'est gratuit, ça dure moins d'une heure, et tu sauras à la fin si la méthode est faite pour toi.
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